SETA

 

C'est un très court roman d'Alessandro Baricco, paru en 1996, qui a connu un immense succès.

Comme souvent, en le voyant partout, je n'avais pas eu envie de le lire... Jusqu'à ces derniers mois où j'ai recommencé, timidement, à lire en italien. J'ai démarré par une bd empruntée à la médiathèque, j'ai augmenté un peu la difficulté avec un roman pour adolescents, que j'ai trouvé si décevant tant dans l'écriture que sur le plan de l'histoire, que j'ai décidé de me tourner vers de "vrais" auteurs.

La littérature italienne regorge de nouvelles, Moravia, Buzzati, tous ceux qui ont appris cette langue se sont vus proposer de courts textes de ces auteurs... Et donc, assez logiquement, je n'avais pas du tout envie de les lire "pour le plaisir". (oui je sais, j'ai tort, mais je n'aime pas les nouvelles, et ces auteurs là sur les textes de qui j'ai sué et corné les pages de mon Boch pour torcher des versions approximatives, je ne suis pas encore prête à les réhabiliter...)

C'est sur Amazon, en surfant de titre en titre, que je suis tombée sur celui-ci, "Seta", "Soie" en français.

 

Une centaine de pages, à peine, et une soixantaine de très courts chapitres : parfait quand on lit dans une langue étrangère.

 

Une histoire qui vous emporte, dès le début : Hervé Joncour est un français, qui vit du commerce des vers à soie. Plus exactement, il se rend en Égypte, chaque année, pour y acheter des œufs de vers à soie, l'Égypte étant épargnée par la maladie qui ravage les élevages français.

Mais un jour, la maladie touche aussi l'Égypte. Alors un homme parle à Hervé Joncour du Japon. Un pays à l'autre bout du monde, une île, qui commence à peine à s'ouvrir aux échanges internationaux. Là-bas, les vers produisent une soie si fine qu'une écharpe de ce tissu vous semble faite d'air.

Joncour traverse la France, l'Allemagne, L'Autriche, la Russie, la Chine, la mer, il traverse le Japon pour enfin parvenir dans la région de Fukushima, où l'attendent bien d'autres choses que des vers à soie.

Roman sur l'exotisme, sur la rencontre, sur l'étranger, roman simplement écrit mais dans une langue belle et poétique... (je ne sais pas ce que donne la traduction, mais ce n'est pas très difficile de traduire de l'italien -je parle d'expérience, vous l'aurez compris- les deux langues ont des structures grammaticales très proches, je n'ai donc pas trop d'inquiétude sur la qualité de la traduction)

 

... et puis, le plaisir de la langue italienne, le plaisir de faire rouler les mots... (oui, j'ai lu le dernier chapitre à voix haute, toute seule chez moi)

 

"Pioveva la sua vita, davanti ai suoi occhi, spettacolo quieto"

 

("Sa vie pleuvait devant ses yeux, spectacle tranquille" : oui, c'est moins beau en français...)



[et pour ceux que la littérature italienne intéresse, le lien vers le blog de George qui recense les lectures en VO -alors oui, certes, c'était en 2013, mais bon, vieux motard, et les livres ça ne se périme pas !!]