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Fini ce matin le dernier roman de l'année : A moi seul bien des personnages , le dernier roman de John Irving, paru en début d'année.

Comme beaucoup de lecteurs, en France et partout dans le monde, j'ai découvert Irving avec ses premiers romans : Le Monde Selon Garp, qui fait partie de mes "dix romans pour une île déserte" (choisis assez arbitrairement il y a pas mal de temps sur Babelio... Peut-être la liste ne serait-elle pas tout à fait la même si je l'établissais aujourd'hui, mais bon), Une Prière Pour Owen (le premier que j'ai lu je pense), L'Œuvre de Dieu La Part Du Diable... ceux-là et quelques autres, je les ai lus au lycée, au début des années 90. Après, je ne sais plus exactement avec quel titre, je me suis lassée, désintéressée d'Irving : Une Veuve de Papier, peut-être... en tout cas ça faisait bien vingt ans que je n'avais rien lu de lui. Mais ce dernier roman je voulais le lire, et j'ai bien fait : j'y ai retrouvé ce que j'adorais dans les premiers, des personnages à foison, tous attachants, pittoresques, un peu décalés comme ce grand-père qui n'aime rien temps que monter sur scène dans des rôles féminins, au sein de la troupe de théâtre amateur d'une petite ville; ou cette bibliothécaire, Miss Frost, éternel fantasme du narrateur, à qui elle fait découvrir la littérature.

Des rebondissements, une narration menée sur plusieurs décennies : avec Irving on suit toujours l'évolution de ses personnages, de leurs années de formation à leur maturité.

... et quelques uns de ses clichés qu'il adresse désormais à ceux de ses lecteurs qui le lisent depuis longtemps comme autant de clins d'œil : l'équipe de lutte du lycée, l'année passée en Autriche...

 

Mais par rapport à l'incroyable énergie, à la fougue qu'on pouvait ressentir dans ses premiers romans, on sent ici le poids des années, de l'expérience... Un peu comme Auster en ce moment (j'y reviendrai, je viens de recevoir pour Noël la suite de son Winter Journal, Report from the interior), Irving semble se tourner plus vers lui-même, sur ce qu'il est vraiment, sur ce que fut sa vie... Autant dans ses dimensions lumineuses que dans ses épisodes les plus sombres, comme la traversée de l'épidémie de SIDA à New York dans les années 80...

 (lu dans le cadre du challenge américain)

Source: Externe