J'ai trouvé les fragments autobiographiques de Marina Tsvetaeva, Vivre dans le feu , dans sa version brochée, chez le bouquiniste de Saint Nazaire. J'avoue que j'ai été un peu étonnée de cette trouvaille, dans ma tendance à toujours sous-estimer la vie intellectuelle par ici... Mais bon, ce volume, donc, que je voulais lire depuis cet hiver. En parfait état, avec quelques passages soulignés au crayon.

J'avoue avoir été un peu déçue par la nature même de ce livre : il est souvent présenté comme un condensé des nombreux carnets intimes que tint l'écrivain tout au long de sa vie. Or il s'agit en fait essentiellement de lettres ou d'extraits de lettres, et de quelques extraits de ses carnets; les textes sont regroupés par thème, plus ou moins chronologiquement; et chaque texte est introduit par quelques lignes qui en expliquent le contexte, ou en situent le destinataire.

 

Les dix volumes des écrits intimes de Tsvetaeva n'ont donc toujours pas été traduits en français. Il existe, aux éditions Clémence Hiver, "Indices Terrestres", mis en forme par Tsvetaeva elle-même, un extrait de ses carnets; mais l'ouvrage semble épuisé.

 

Concernant Vivre dans le feu, c'est un ouvrage que j'ai énormément aimé, alliant la biographie de la poétesse, et son écriture, intense. Je pense que ce livre remplace avantageusement une biographie, grâce aux abondantes notes de l'éditeur (Todorov, en l'occurrence).

Marina Tsvetaeva a toute sa vie été écartelée entre "l'existence", la trivialité de la vie humaine, et "l'être", la vie de l'âme, la poésie, l'amour (la plupart de ses histoires d'amour restèrent épistolaires, elle ne rencontra que rarement l'objet de tel ou tel de ses "engouements").

Quelques passages, même si j'aurais voulu pouvoir citer le livre entier :

” "Comment pouvez-vous vivre de la sorte ? Toute cette vaisselle ! vous ne la lavez pas ?" Alia : "l'intérieur -oui, l'extérieur -non, maman est poète." ”

 

 

"Mes deux choses préférées par-dessus tout : le chant -et la formule."

 

"Rien ne peut surpasser la joie avec laquelle j'abandonne mon cahier pour un être humain, sinon la joie avec laquelle j'abandonne un être humain pour mon cahier".

 

Elle fait aussi partie du "club" des handicapés de l'orientation, comme Paul Auster : "Le souci d'une route inconnue (je ne trouve -jamais -jusqu'à la bêtise)"